résidence d'artistes à Sidi Bou Said en 2017

Le CMAM - Centre de Musiques Arabes et Méditerranéennes de Sidi Bou Said accueille en résidence de création les artistes, Marie Roux, plasticienne et Grégory Oriol, musicien, du 22 octobre au 5 novembre 2017.

Gregory Oriol

" Ma résidence a été un moment de partage fort avec les musiciens locaux que ce soit par l'échange verbal ou musical, par la rencontre ou la découverte de nouveaux instruments, d'autres styles musicaux, d'un autre mode de vie...

Je repars de Sidi Bou Saïd avec beaucoup de matières pour mon engagement artistique futur que ce soit en tant que musicien, compositeur ou enseignant.

Avec Marie Roux, nous avons été accueillis chaleureusement par Anis Meddeb, directeur du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes.

Par la suite, c'est Ikbal Hamzaoui, qui s'est occupé de nous en faisant découvrir le pays avec évidemment une grande part liée à la musique. Ikbal est pianiste et professeur à l'Institut Supérieur de Musique de Tunis. Grâce à elle, nous avons pu rencontrer et échanger avec les professeurs de l'Institut.

 

Il y a deux rencontres très fortes : la première avec Brahim Bahloul, professeur de percussions de l'Institut. Pratiquement tous les jours, il nous a offert des cours avec Marie pour nous familiariser avec les instruments de percussions et la musique tunisienne que ce soit en nous racontant son histoire ou tout simplement en jouant.

 

Ensuite, l'autre rencontre importante est celle avec Zouheir Gouja, professeur lui aussi à l'Institut. On a pu participer à l'atelier qu'il dirige chaque semaine autour du Stambali, style musical tunisien (que l'on pourrait rapprocher du Gnawa marocain), à rapprocher de la transe.

 

Deux autres personnes sont à citer : Bellasan Mihoub, autre professeur de l'Institut et grand musicien lui aussi du Stambali. Malheureusement, les échanges avec lui ont été moins riches puisqu'il ne parlait ni français, ni anglais. Mais on a eu l'occasion de jouer avec lui régulièrement et on s'est compris musicalement.

 

Enfin, je tiens à ajouter Hichem Saied, étudiant en master de l'Institut. Il a passé beaucoup de temps à m'apprendre les différents styles et les différentes manières de bien jouer de la darbouka et du bendir. Il a été très présent lorsqu'il fallait jouer. Il apparaît aussi sur les vidéos. Une belle amitié est née entre nous. Une jeune personne qui a soif d'apprendre et qui deviendra un grand musicien."

 

Marie Roux

« Au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes nous avons passé une grande partie du temps à écouter et apprendre les rudiments du Stambali, musique tunisienne de fête et de rite qui est originaire d'Afrique subsaharienne.

Nous avons découvert cette musique d'abord dans les archives de la phonothèque du CMAM puis à la Maison de la poésie et à l'Institut de musique de Tunis avec les professeurs et les étudiants. Mais aussi dans la fabrication artisanale de ces instruments.
Cette musique est principalement fondée sur les percussions. Jouant de la percussion dans deux ensembles différents, j'ai pu en Tunisie ouvrir mes connaissances vers une musique collaborative, très spécifique dans le toucher.


On nous a aussi beaucoup montré le contexte culturel de cette musique populaire à travers les musiciens mais aussi en découvrant ces lieux avec sensibilité.
La percussion est une activité qui m'est venue récemment, j'ai toujours fait de la photographie et je suis en train de travailler sur la publication d'un livre.


En prenant des photos en Tunisie j'ai essayé de mélanger la découverte d'un lieu, une sorte de repérage personnel où tous les sens se mélangent dans un rythme un peu mystérieux. En prenant en compte l'expérience collaborative et l'échange qui nous a été offert là-bas.

Il en résulte des enregistrements sonores de nos performances et de nombreuses photos argentiques du musée, le "Palais du Baron" et une étude de l'extérieur du palais, les jardins et la mer.


Après avoir cherché comment mettre en place tout cet ensemble j'ai faits des tests de livres reliés à la main qui portent les images et les enregistrements. En espérant que ses publications ou une publication finale montrent ce qui me tient à cœur dans la photographie, apporter un sentiment d'ouverture comme une vraie respiration mais aussi de proximité au toucher».

Interview de Grégory Oriol par les réalisateurs David Rivière et Frédéric Lamasse pour la réalisation du film "Vu d"en haut les murs n'existent plus" de l’association Art Sept - Atelier Cinéma.

Moments de détente dans le village de Sidi Bou Said

Membre de l'association Cités des arts en Méditerranée, Pierre Lelouch (autoportrait)  a suivi les deux artistes durant leur résidence de création et a témoigné par ses films et ses photographies.

Selfie avec nos amis tunisiens (de gauche à droite) : Hichem Saied, Grégory Oriol, Bellasan Mihoub, Zouheir Gouja, Ikbal Hamzaoui, Marie Roux et Brahim Bahloul)

Aikbal Hamzaoui, Frédéric Lamasse et Marie Roux dans les ruelles de Sidi Bou Said

Lors du concert final au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes filmé par Frédéric Lamasse et David Rivière avec notamment les musiciens Ikbal Hamzaoui, Hichem Saied, Brahim Bahloul, Bellasan Mihoub, Zouheir Gouja... Marie Roux et Grégory Oriol

"Nous avons été rejoints par un groupe de musiciens de Mezoued. Le mezoued est le nom d'un instrument, proche de la cornemuse. Et l'instrument a donné son nom a ce style musical, longtemps oublié des instances culturelles officielles car c'est un style populaire dont les textes peuvent être grivois ou provocateurs. Aujourd'hui, les musiciens ont réussi à le faire connaître mais c'est encore un style que l'on exporte peu à l'étranger où l'on préfère valoriser le Malouf."

Vidéo VIM (vence-info-mag) - images : Pierre Lelouch - montage : Marcel Orengo - © 2018

Cités des Arts en Méditerranée

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