
artistes en résidence
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abderrahim harabida, plasticien

photo © Frédéric Lamasse
Né en 1959 à Essaouira, Abderrahim Harabida a un parcours d'artiste singulier, dont les premières créations calligraphiques remontent à 1981. Formé dans le vivier artistique d'Essaouira, il s'inspire d'abord des grands calligraphes locaux — Taïb Sediki, Mohamed Tifardine, Abderrahman Rochd, Rachid Khaloune — avant de développer très vite un langage personnel : son usage de la lettre le place d'emblée dans une dimension nouvelle et intelligente de l'utilisation de la lettre arabe, qui devient matière, rythme et structure (Vosartistes, Benchaabane).
Artiste curieux et expérimental, il ne se contente pas de la calligraphie et élargit sa pratique aux collages, assemblages, bas-reliefs et installations, créant un univers où se mêlent mémoire, poésie et rigueur. Gardien du temps qui passe, il recueille, classe et protège les objets d'une autre époque — ceux que nous jetons en les croyant démodés — pour les faire revivre de manière surprenante dans ses accumulations et installations ; il les plante même dans ses « jardins miniatures », les figeant ainsi dans le temps (Vosartistes). Ses œuvres, souvent inspirées des murs, d'objets anciens et de fragments de nature, dégagent une forte charge émotionnelle — une sensibilité à l'écoulement du temps qui irrigue tout son travail, jusqu'à son jardin suspendu face à l'océan, soigné chaque jour malgré les alizés et les embruns (Benchaabane).
Figure engagée de la vie artistique d'Essaouira, il expose depuis 1992 ses œuvres et celles d'autres artistes dans sa galerie Bab Sbaâ, au cœur de la médina (Benchaabane) — un lieu qui a notamment accueilli des expositions du peintre Abdelaziz Abbassi (Vivre Essaouira) — et s'est vu décerner le 2ᵉ prix du concours « 3 dimensions » du Festival Gnaoua pour son œuvre « Hommage à l'arbre à palabres » (Ali Maimoun). C'est lui qui a par ailleurs révéré la plasticienne Souad Attabi en 2002 (Bladi).
Born in 1959 in Essaouira, Abderrahim Harabida has followed a singular artistic path, with his earliest calligraphic creations dating back to 1981. Trained in Essaouira's artistic breeding ground, he first drew inspiration from the great local calligraphers — Taïb Sediki, Mohamed Tifardine, Abderrahman Rochd, Rachid Khaloune — before quickly developing a personal language: his use of the letter immediately places him in a new and intelligent dimension of the Arabic letter, which becomes matter, rhythm and structure (Vosartistes, Benchaabane).
A curious and experimental artist, he does not limit himself to calligraphy and has expanded his practice to collages, assemblages, bas-reliefs and installations, creating a universe where memory, poetry and rigor intertwine. A guardian of passing time, he collects, sorts and protects objects from another era — those we discard believing them to be outdated — to bring them back to life in surprising ways through his accumulations and installations; he even plants them in his "miniature gardens," thus freezing them in time (Vosartistes). His works, often inspired by walls, old objects and fragments of nature, exude a strong emotional charge — a sensitivity to the flow of time that irrigates his entire body of work, down to his hanging garden facing the ocean, tended every day despite the trade winds and sea spray (Benchaabane).
A committed figure in Essaouira's artistic life, he has been exhibiting his own works and those of other artists since 1992 in his gallery Bab Sbaâ, in the heart of the medina (Benchaabane) — a venue that has notably hosted exhibitions by the painter Abdelaziz Abbassi (Vivre Essaouira) — and was awarded the 2nd prize of the "3 dimensions" competition of the Gnaoua Festival for his work "Homage to the Palaver Tree" (Ali Maimoun). He is also the one who honored visual artist Souad Attabi in 2002 (Bladi).